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Broderie en temps de crises : identité et résistance
le 6 mai 2026 à 09:00
Domaine universitaire Maison de la Création et de l'Innovation, Saint-Martin-d'Hères
Cette journée d’étude, co-organisée par Marie Mianowski (ILCEA4), Eugenia Reznik (GATES) et Delphine Rumeau (Litt&Arts), propose d’interroger la broderie comme pratique à la fois artistique, sociale et politique, à travers des contextes historiques et contemporains variés. Depuis longtemps la broderie a été associée aux sphères domestiques et au féminin. Relevant des catégories d’« art populaire » ou d’« artisanat », elle a longtemps été perçue comme décorative et utilitaire, ce qui l’a de fait reléguée aux marges de l’Art. Cependant, dans un monde contemporain marqué par des crises multiples – politiques, sociales, économiques, écologiques, sanitaires – son statut change, et ce grâce à des artistes, artisanes et artisans engagés prenant pas dans les actions de visibilisation, de contestation et de reconstruction identitaire. La broderie devient l’un des médiums puissants de transmission de mémoires, de résistance et d’affirmation de subjectivités minorées (Chapelain, 2025 ; LaDuke, 1983). Qu’elle soit associée aux supports matériels traditionnels (chemises, coiffes, tabliers, serviettes, mouchoirs, gants, etc.) ou qu’elle se présente comme une création artistique contemporaine, son geste permet de retranscrire en écriture alternative des récits de guerre, d’exil, de deuil, de lutte et de résilience. Le cas de la vyshyvanka (broderie) ukrainienne démontre avec puissance comment celle-ci devient un outil politique et un geste symbolique de survie identitaire (Gorski, 2021 ; Greet, 2024). Elle peut aussi devenir une forme d’activisme discret ou explicite, féministe ou écologique, questionnant les normes sociales, les rapports de pouvoir et les récits dominants (Parker, 1984 ; Bernard, 2018). Cette journée d’étude propose d’interroger la broderie comme pratique à la fois artistique, sociale et politique, à travers des contextes historiques et contemporains variés. Plus spécifiquement, les interventions s’articuleront autour de deux axes principaux. Le premier examinera en quoi le retour à des formes traditionnelles de la broderie constitue un geste de résilience, de transmission et de résistance dans des régions affectées par des conflits ou des crises politiques, économiques et sociales. Le second s’intéresse aux manières dont l’art contemporain réinvestit la broderie comme pratique militante, critique et subversive. Elle vise à croiser les regards de chercheur·euses, artistes, historien·nes de l’art, anthropologues, sociologues et praticien·nes internationaux·ales autour des usages critiques de la broderie en situation de crise. En marge de la journée — 17h00 - 17h30 · Performance musicale La performance réunit différentes traditions musicales du monde, chacune exprimée à travers une pièce distincte. Le chant traditionnel ukrainien se mêle aux sonorités profondes du oud et de la contrebasse, portant les mélodies à travers les cultures. Bien que ces traditions puissent sembler éloignées, leur rencontre révèle une interdépendance sous-jacente, honorant la filiation tout en desserrant les liens des héritages transmis. Musiciens : Alex Reznik, oud ; Simon Paul, basse ; Anna Archypchuk, piano. — 17h00 - 19h00 · Vernissage de l'exposition « Devant les œuvres et les broderies » Sont prévues une visite guidée de l'exposition d’œuvres d’art contemporain qui accompagne la journée d'étude, ainsi qu'une discussion avec les artistes Josée Brouillard (Canada), Awena Cozannet (France), Alexey Reznik (Canada), Helene Jospé (France), Annick Piccio (France), Tatiana Bailly (France), et avec Tatiana Fougal (attachée honoraire du Musée de l’Homme) qui présentera sa collection de ryshnyky . Cette exposition se tiendra dans l'espace d'exposition de la MaCI du 6 au 29 mai 2026. Une autre visite guidée de l’exposition sera proposée le 27 mai à 12h30 (entrée libre). L’objectif de cette exposition est de prolonger les échanges entre les intervenant·es de la Journée d’étude à travers des œuvres mobilisant les techniques de la broderie artisanale ou intuitive comme mode d’expression engagée. Elle permettra de poursuivre les réflexions sur une période plus longue et de toucher un public plus large. Dans l’espace d’exposition du deuxième étage de la MaCI se côtoieront des œuvres d’artistes issues de la diaspora ukrainienne, ainsi que d’artistes polonaises, canadiennes et françaises, qui réinventent le geste de la broderie au sein d’écritures alternatives de l’histoire des conflits et des résistances. L’exposition mettra également à l’honneur plusieurs pièces de broderie traditionnelle, telles que des rushnyky ukrainiens du XX e siècle ou des gants brodés par des artisanes grenobloises. — 27 mai · 14h00 - 15h30 · Masterclass « Broderie en point de croix » par Tamara Dovhun Gratuit sur inscription . La journée d’étude et l’exposition sont une collaboration entre les laboratoires Litt&Arts, ILCEA4, le projet GATES et la MaCI.